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Le Veilleur et la Vague
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Huile sur toile

Le Veilleur et la Vague

Dans la nuit battue par les vents, le phare se dresse comme un homme debout dans la tempête. Il ne parle pas, il ne bouge pas, mais tout en lui dit : je veille.

La mer, en contrebas, frappe les rochers avec la violence d’un animal blessé. Elle gronde, elle rugit, elle monte à l’assaut comme si elle voulait effacer toute trace humaine. Et pourtant, face à elle, le phare reste immobile, fidèle à son rôle, fidèle à sa lumière.

Plus loin, la maison se tapit derrière les vagues. Elle n’est pas un soldat, elle n’est pas un héros : elle est un refuge. Un lieu où l’on se retire quand le monde devient trop vaste, trop bruyant, trop sombre. Elle n’a pas la force du phare, mais elle a la douceur des abris que l’on retrouve après l’épreuve.

Entre les deux, la tempête déploie toute sa puissance. Mais le Veilleur ne cède pas. Il sait que son rôle n’est pas de vaincre la mer, mais de tenir, simplement tenir, pour ceux qui, quelque part dans l’obscurité, cherchent un repère.

Et dans cette lutte silencieuse, il y a une vérité simple : la force n’est pas toujours dans le mouvement, parfois elle est dans la verticalité, dans la constance, dans

Le Veilleur et la Vague

Sur un promontoire, un vaillant phare dressé

Veillait depuis toujours sur les flots courroucés.

La mer, en cette nuit, déchaînait sa colère,

Frap­pant de tous côtés les rochers de la terre.

 

Cède donc ! criait l’onde, en lançant ses assauts,

Je finirai bien tôt par t’abattre en morceaux !

Mais le phare, stoïque, éclairait sans un mot,

Offrant aux marins perdus un chemin dans l’eau.

Une maison, plus loin, tremblait sous la rafale,

 

Craignant que chaque vague enfonce sa façade.

Pourquoi restes-tu là ? dit-elle au vieux géant,

La mer te brisera, tu le sais bien pourtant !

Le phare répondit : « Peut-être, mais j’éclaire.

 

Et tant qu’un seul marin cherchera la lumière,

Je tiendrai face au vent, même au bord du néant.

Car veiller, vois-tu, vaut mieux que vivre en tremblant.

 

Moralité :

La force n’est pas toujours dans la puissance ou l’orage,

Elle se trouve parfois dans la constance d’un seul courage.

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